Elle prouverait à la face du monde qu’on peut la changer si l’on en a la volonté, assise sur la réelle conviction d’appartenir à une communauté de rêves.

C’est dans les songes qu’elle a mûri avant de s’officialiser dans les traités. L’Europe du sud a un grand projet et c’est autour d’une mer littéraire qu’il s’organise. Celle-ci aura certainement une couleur pour drapeau. Des poètes et des écrivains en seront les chevau-légers. Est-il de meilleur augure lorsque l’ambition est de laisser des traces ?

Marseille, élue capitale européenne de la culture à l’horizon 2013, s’imposait pour leur offrir l’hospitalité. Tant d’eux y vécurent, quand ils n’y prirent pas racine ; citer un nom, ce serait en oublier dix ou cent. N’en citons aucun tout en sachant que les poètes et les écrivains de toute la Méditerranée, invités à Marseille en Novembre 2009, ne seront certainement pas ingrats vis-à-vis de leurs prédécesseurs. Car ils sont tous des lecteurs avant tout.

Marseille se transformera le temps de cette manifestation en Babel euro-méditerranéenne. On parlera, on échangera et on disputera comme jadis en laissant à chacun la jouissance de sa singularité, le son unique de sa voix, l’irremplaçable grain de ses mots, son chant si particulier –et qu’elle les distingue et les honore.

Leurs auteurs y seront reçus en voyageurs étonnés, pérégrins d’une nation, non celle de leur passeport mais celle de leur langue. De leur imaginaire. De leur vision du monde. Ils en seront les ambassadeurs. « Ecritures Mediterranéennes Â» entend bien se distinguer de nombre de manifestations littéraires européennes en mettant à l’honneur les sites et blogs littéraires, ce nouveau support d’information et de critique qui bouleverse le monde de la connaissance.

Journaliste, romancier, biographe et blogueur, je ne pouvais décemment rater ce rendez-vous. Il y en aura bien d’autres. Patience, novembre 2009, c’est demain.